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Premier roman de Bruno Arts, “L’instemps, inexacte incertitude”, relate sa rencontre (fictive) avec Van Gogh et Gauguin. Dans un style imagé très personnel, musical et rythmique, il nous propose un voyage onirique en compagnie des plus grands artistes des XIXème et XXème siècles. C’est un hymne à la vie, à l’amitié, à l’amour, une réflexion sur le “d’où venons nous ? Qui sommes nous ? Où allons nous ?” C’est un rêve éveillé qui lui sert de prétexte pour parler de la mort, de la réincarnation, de l’Art, du succès,… Dans ce songe se mêlent histoire de l’art et fiction. On s’y promène au-delà de l’espace et du temps en compagnie de Van Gogh, Gauguin, Saint-Exupéry, Picasso ou encore Barbara, Brel, Higelin, Verlaine, Blaise Cendrars,…
Extrait
Brancusi et Modigliani avaient déniché un bloc de pierre blanche sur un chantier de construction et l’avaient volé comme des enfants dans le caddie d’un supermarché voisin, courant à travers les rues aux nez des passants. A coups de ciseaux, ils en extirpèrent les corps d’un homme et d’une femme tendrement mélangés, les jambes tressées, un homme, une femme, étrangement étrangers. Valentin qui traînait ce jour-là dans l’atelier s’approcha de Brancusi et tirant sur son pantalon lui demanda du haut de ses six ans :
- Comment tu savais qu’il y avait des gens dans le gros caillou ?
- Ah ça, répondit Brancusi, c’est le métier petit ! Tu vois quand Modi et moi avons trouvé ce caillou, on a vu tout de suite qu’il avait une âme.
- C’est quoi une âme ? interrogea l’enfant.
- Une âme c’est la vie, lui répondit tendrement Modi, c’est quelque chose qui habite dans notre cœur et qui donne l’amour.
- Alors tu as mis ta main sur la pierre et tu as senti battre son cœur ? reprit l’enfant.
- Oui, c’est un peu ça, confirma Brancusi, un large sourire aux yeux.
-Mais moi je peux voir aussi les cailloux qui ont un cœur, chuchota Valentin qui traversait déjà l’atelier pour expérimenter sa découverte dans le jardin. |
"L'Instemps
inexacte incertitude"
20002-9508760-1-3
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