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√4 : SUGAR BONBON - UN ALBUM SUCRÉ

Edouard GUÊT et Bruno ARTS se sont rencontrés en 2010 en Haute Savoie. Comme beaucoup de rencontres artistiques, celle-ci fut le fruit du hasard. GUÊT est Ivoirien, il vécut un temps aux Etats-Unis avant de revenir en France. ARTS est un authentique Savoyard et un artiste aux talents multiples : poète, écrivain, peintre et sculpteur, il est aussi musicien. Les deux hommes vont fonder V4 (Racine de 4) qui devient un laboratoire d’exploration musicale. GUÊT et ARTS sont très complémentaires. La racine de 4 étant deux, nos deux acolytes vont désormais composer et écrire ensemble. En revanche la formation s’étoffe lors des concerts et des enregistrements d’un batteur / percussionniste et d’un bassiste.

Le premier album de √4 intitulé Sugar Bonbon est une véritable réussite avec une track liste de treize titres d’une musique métissée pleine d’allant qui nous entraîne dans un voyage franco-africain tout à fait rafraîchissant. On peut être parfois surpris par la candeur des paroles qui ne cherchent ni la rime riche ni le concept transcendant. Cette simplicité du verbe cherche juste à dire les petits moments de l’existence et les pensées qui peuvent parfois nous traverser spontanément. Aucune recherche de l’épate, les points de vue renvoient à l’ordinaire de nos vies, nos attachements, nos difficultés, nos tristesses.

Musicalement, Sugar Bonbon propose des compositions sucrées aux rythmiques optimistes, les guitares omnipré- sentes tissant des univers sonores gorgés de grenadine, comme sur le titre Ossobala où l’influence African West Coast est indéniable. L’album a été indéniablement composé par plus de 35 degrés à l’ombre même si on sait que GUÊT et ARTS ont leur base en Haute Savoie. C’est peut-être au fond cet oxymore climatique qui rend Sugar Bonbon aussi attachant. Le titre éponyme de l’album constitue d’ailleurs l’un des moments forts de cet opus, hymne optimiste ponctué d’une guitare omniprésente qui saisit le contre-chant au vol comme une célébration rituelle. Notons la présence d’un violon un peu nostalgique sur Wari Kô qui danse avec la guitare jusqu’à la fin du titre, c’est une performance car un violon ne danse pas si facilement. On appréciera le travail rythmique sur Dongo qui encore une fois fait la part belle aux gimmicks électrifiés de la guitare. L’association du texte et de la musique est particulièrement réussie sur ce titre. Juste un baiser démarre sur un riff acier qui abandonne rapidement ses côtés mauvais garçon pour un gimmick qui accompagnera le chant jusqu’à la fin. Rock’n Love est l’un des gros titres de l’album avec des arrangements de six cordes très efficaces. Notons au passage que la voix d’Edouard GUÊT, qui passe assez près de celle de Jimmy CLIFF sur ce titre, sonne comme un hommage aux glorieux aînés.

Sugar Bonbon augure bien de la collaboration entre GUÊT l’Ivoirien et ARTS le Haut Savoyard. Leur musique sucrée et dynamique laisse flotter une atmosphère optimiste tout au long de l’écoute ce qui, en ces temps de crises à répétitions, ne peut manquer de rendre la vie meilleure.

ARCHIBALD PLOOM (2012)
© Culture-Chronique

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